6 idées reçues sur le SPM

Les 6 idées reçues sur le SPM qu’on entend encore

Iris de Lummies

Bonjour les Lummies 💜

« Tu es sûre que ce n’est pas juste dans ta tête ? »
Je l’ai entendue. Toi aussi, probablement. Et le pire, c’est qu’on finit par se la poser toute seule.

Voici six phrases qu’on entend encore sur le SPM, et ce que les données en disent. Sans énervement. Enfin, presque.

1. « C’est dans ta tête »

Non. L’Inserm estime que le syndrome prémenstruel constitue un handicap réel dans environ 5 % des cas, et qu’il perturbe le quotidien d’environ un tiers des femmes concernées.

Il existe aussi des effets qu’on peut compter: baisse de productivité au travail, sommeil dégradé, recours aux soins plus fréquent. Ce sont des chiffres, pas des ressentis.

Ce qui est vrai, en revanche : on ne sait pas ce qui cause le SPM. Mais « on ne sait pas d’où ça vient » et « ça n’existe pas » sont deux phrases très différentes.

2. « Toutes les femmes ont ça »

Presque, et pas du tout, selon ce qu’on mesure.

L’enquête nationale suisse de 2007 est parlante : 91 % des femmes rapportent au moins un symptôme avant les règles. Mais seulement 10,3 % répondent aux critères d’un syndrome prémenstruel constitué.

Autrement dit : ressentir quelque chose est banal. En souffrir au point que ça désorganise ta vie ne l’est pas. Mettre les deux dans le même sac, c’est exactement ce qui permet de dire « tout le monde vit ça, arrête ».

3. « C’est juste avant les règles, ça passe vite »

Les symptômes apparaissent dans la seconde moitié du cycle, après l’ovulation, et disparaissent généralement peu après l’arrivée des règles. Ça peut donc durer quelques heures. Ou une bonne partie de deux semaines.

Et pour certaines femmes, ce n’est pas un mauvais moment à passer mais une forme sévère qui porte un nom : le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM). Sa prévalence est estimée entre 1,3 % et 5,3 %. Ce n’est pas rien, à l’échelle d’un pays — et c’est nettement moins que les 8 % qui circulent un peu partout.

4. « De toute façon, on sait ce que c’est »

Alors non.

L’Inserm écrit noir sur blanc que « les causes de ce syndrome restent floues ». On soupçonne une sensibilité particulière aux variations hormonales — pas un excès d’hormones, une sensibilité. Les études sur des jumelles suggèrent une part génétique, et aucun gène n’a été identifié à ce jour.

Une méta-analyse mondiale trouve d’ailleurs des prévalences allant de 12 % en France à 98 % en Iran. Quand un chiffre varie dans ces proportions, ce n’est pas la biologie qui varie : c’est la façon de mesurer.

5. « Il suffit de faire du sport et de mieux manger »

Celle-là est plus perverse, parce qu’elle contient un fond de vérité.

L’activité physique fait partie des rares pistes qui ont été testées correctement, et la revue systématique de référence sur le sujet trouve des effets — modestes, sur des études souvent petites. Ce n’est pas rien, et ça vaut la peine d’essayer.

Mais entre « bouger peut aider » et « si tu souffres, c’est que tu ne fais pas d’efforts », il y a un fossé. Le second est une façon de renvoyer le problème à celle qui le vit. Et ça, ça ne fait avancer personne.

6. « Ça passera avec un enfant » (ou avec l’âge, ou avec le temps)

Celle-ci mérite une mention spéciale, parce qu’elle est présentée comme une bonne nouvelle.

Ce qu’on sait : le syndrome prémenstruel ne dépend ni de l’âge, ni du niveau d’études, ni du statut professionnel. Ce qui varie, c’est l’intensité et la durée des symptômes — et pas toujours dans le bon sens.
Donc non, ce n’est pas une phase qu’on traverse en attendant. Et présenter la maternité comme un remède à quoi que ce soit est, disons, une drôle de façon de conseiller quelqu’un.

Ce que j’en fais

Je ne raconte pas ça pour t’expliquer que tout va mal. Je le raconte parce que ces six phrases ont un point commun : elles ferment la conversation.
« C’est normal. » « C’est dans la tête. » « Tout le monde a ça. » Aucune n’est un diagnostic. Ce sont des façons de dire « on n’en parle plus ».

Alors on en parle. Si tu veux les bases, elles sont dans l’article qui explique ce qu’est le SPM.

À bientôt,
L’équipe Lummies 🐰☀️

Retour au blog

Laisser un commentaire